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Un peu d'histoire...

À la veille de la Révolution française, l’organisation territoriale du royaume est d’une extrême complexité : les circonscriptions administratives, militaires, ecclésiastiques, judiciaires, fiscales ne se recoupent pas systématiquement. Pour les contemporains, c’est sans doute la notion de provinces qui décrit au mieux l’espace vécu. Ces provinces ne recouvrent pas forcément des territoires aux limites précises, mais se rapportent à des représentations historiques ou linguistiques.

Institués sous la période révolutionnaire, les départements sont à l’origine dirigés par des « Conseils de Département ». Leurs noms sont choisis en fonction de la géographie et de l’hydrographie et leur nombre fixé à 83. À l’époque, chaque département possède son assemblée, constituée de 36 membres élus, ceux-ci désignant à leur tour un président et un directoire exécutif permanent.

Rapidement supprimés en 1793, ils sont rétablis en 1800 sous le nom de « Conseils Généraux », mais leurs membres sont nommés par le préfet, c’est-à-dire par l’État.

Il faut attendre 1833 pour que les Conseillers Généraux soient élus, 1871 et la Troisième République pour que le Conseil Général devienne enfin une collectivité locale au même titre que les communes.

Parallèlement, leur nombre, leurs noms et leurs limites varient au fil de l’histoire, des conquêtes et des considérations sémantiques.

Jusqu’à la décentralisation (1982-1983), le Conseil Général reste sans autonomie véritable : c’est le Préfet du département qui est chargé de préparer et d’exécuter les décisions du Conseil Général.

La décentralisation modifie la gestion des collectivités territoriales (communes, départements, régions). Le pouvoir exécutif du département est alors transféré du Préfet au Président du Conseil Général.

Cette démocratisation très lente n’empêche pas les citoyens de s’attacher rapidement à cet échelon institutionnel et géographique, même s’ils n’en perçoivent pas toujours très bien le rôle exact. L’attachement des Français à la notion de département s’est d’ailleurs démontré par la vive opposition à la disparition des numéros de département sur les plaques d’immatriculation…

Le Département de l’Essonne est né de la réorganisation de la région parisienne en 1964. Avant 1964, il n’y avait que trois départements : la Seine, la Seine-Et-Marne et la Seine-Et-Oise. L’État décide de découper la Seine en quatre départements (Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne) et la Seine-Et-Oise en trois départements (Yvelines, Val d’Oise et Essonne). Cette recomposition géographique est essentiellement justifiée par le besoin de développer la région Parisienne sur le plan économique (ce qui s’accompagna quelques années plus tard de la création des villes nouvelles, parmi lesquelles Evry…), mais est également fondée sur des considérations plus politiques, l’État craignant en effet que le pouvoir du préfet de la Seine, trop important, puisse faire de l’ombre au gouvernement. Ainsi, l’Essonne compte parmi les plus jeunes départements de France.

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