Newsletter

ChargementChargement


Patients

PatientsUn film autobiographique de Grand Corps Malade, magnifiquement joué par Pablo PaulySoufiane GuerrabMoussa Mansal, qui rend hommage avec humour et dérision aux tétraplégiques et handicapés de la vie qui luttent tous les jours pour recouvrer forces, espérer des conditions décentes et un avenir meilleur. Un regard bienveillant également pour le personnel hospitalier qui ne ménage pas sa peine pour soutenir ces écorchés de la vie.

 

Résumé

Se laver, s’habiller, marcher joue au basket, voici ce que Ben, ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens…. Bref, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s’engueuler, se séduire mais surtout trouver l’énergie pour réapprendre à vivre. Patients est l’histoire d’une renaissance, d’un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres : on ne guérit pas seul…

 

Critique lors de la sortie en salle le 01/03/2017

Par Pierre Murat

Un saut dans une piscine pas assez remplie et Ben se brise une cervicale. Le voilà «étraplégique incomplet » — état grave, mais pas désespéré — dans un centre de rééducation. Où d’épatants kinés barbus, comme François, voisinent avec des infirmiers gentiment infanti­lisants, comme Jean-Marie : « Comment il va, Ben ? Il veut que je lui allume sa ­télé ? Et pour le petit déjeuner, qu’est-ce qu’il prendra ? Café ou chocolat ? »… Lentement, au fil des jours et des semaines, Ben apprend à bouger un doigt. Puis un bras et même une jambe. Il s’accroche, même s’il apprend, en cours de route, de la part du médecin chef, que c’en est fini de ses ambitions sportives : jamais plus il ne rejouera au basket. Même entraîner les autres lui sera interdit… Mais comment pourrait-il se plaindre, lui qui ne voit, tout autour, que des « tétras » qui ne progressent pas et des « T.C. » (traumatismes crâniens) qui ne guériront jamais ? Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, a été victime, adolescent, d’un accident semblable. De son expérience, il a d’abord tiré un livre, hommage à tous ceux qui, à l’époque, l’ont aidé à s’en sortir. Puis, avec son pote réalisateur de clips, Mehdi Idir, ce film qui comme par miracle a échappé à tous les pièges : attendrissement, sentimentalisme, apitoiement. Tout, au contraire, y est épuré et rapide. Drôle, parfois — lorsque les handicapés se chambrent, en riant férocement de leur malheur. Cruel, aussi, parce que à vif. Même l’idylle, un rien idéale, entre Ben et une ravissante jeune fille, finit par sonner vrai, tant l’émotion est forte… Les comédiens sont épatants : à commencer par Pablo Pauly, entrevu jusque-là dans quelques pâles seconds rôles (un manager dans Carole Matthieu, de Louis-Julien Petit, un avocat dans La Fille de Brest, d’Emmanuelle Bercot). Mais il faudrait citer tous les autres, qui forment autour de lui une sorte de choeur antique fraternel, tant ils sont justes, touchants et sobres.— Pierre Murat

Commentaires clos.