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L’Odyssée ou la vie de la famille Cousteau

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Cousteau, homme visionnaire et explorateur, magnifiquement interprété par Lambert Wilson, est allé au bout de ses rêves. Le film de Jérôme Salle, aborde avec talent l’histoire familiale à travers le prisme de la relation privilégiée du père charismatique au caractère bien trempé et du fils (Pierre Niney) talentueux et exigeant, jusqu’à effacer le rôle de la mère (Audrey Tautou) et du fils ainé (Benjamin Lavernhe).

Après avoir exploré la plupart des océans avec sa « famille Calypso » grâce au soutien des industries pétrolifères, Philippe Cousteau incite son père changer de comportement, à prendre la voie de l’écologie, prôner la protection des milieux marins et la sauvegarde de la planète.

La disparition prématurée de son fils Philippe d’un tragique accident d’avion marque le Commandant jusqu’à la fin de sa vie.

SYNOPSIS ET DÉTAILS

Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier.

Lu pour vous

“L’Odyssée”, le film de Jérôme Salle, avec Lambert Wilson, Pierre Niney et Audrey Tautou, sort sur les grands écrans. Annoncé comme un biopic sur le commandant Cousteau, le film prend en réalité des chemins de traverse, bien plus intéressants….

PÈRE ET FILS. Pour qui a déjà lu les nombreuses biographies existant sur le commandant Cousteau, la sortie d’un biopic supplémentaire peut inquiéter. On savait déjà que le « grand homme » avait fait beaucoup d’erreurs au cours de sa longue carrière, qu’il avait pactisé avec l’industrie pétrolière, maltraité des animaux, rudoyé sa famille… Le héros de toute une génération, celui qui inspira tant de vocations, n’était pas un homme sans faille. Mais Jérôme Salle a évité avec une grande habileté l’écueil du procès post-mortem en s’intéressant plus particulièrement à Philippe Cousteau, le fils cadet, le fils préféré. Interprété par un Pierre Niney, d’une grande justesse, émouvant jusque dans ses silences, Philippe Cousteau fut l’un des premiers à porter un regard critique sur son père. Et à exprimer haut et fort son désaccord. Alors que le commandant était prêt à toutes les concessions pour pouvoir naviguer, Philippe Cousteau (1940-1979) est d’une génération qui s’est peu à peu éveillée à l’écologie. Ce fils de marin devenu aviateur – réalisant ainsi le rêve de son père -, a pu observer sur le terrain les dégâts causés par les humains dans les océans. Et son père, de toute évidence, était de ceux qui pensaient que l’on pouvait tout faire, tout se permettre, dans cet environnement a priori si vaste et luxuriant.

Point de non-retour

Ayant rompu avec son père après que celui-ci ait enfermé sur le pont de la Calypso deux otaries, « juste » pour en faire une belle histoire télévisée, Philippe Cousteau accepta finalement de repartir en mission avec lui, pour gagner l’Antarctique. Ils voulaient filmer la valse souveraine des baleines dans ces eaux vierges… Ils n’y trouvèrent que des carcasses de cétacés abandonnées par les chasseurs. Jacques-Yves Cousteau a compris alors qu’un point de non-retour était en train d’être franchi. Avec son fils, il a ainsi fondé la Cousteau Society pour la protection des océans et s’est engagé personnellement pour obtenir un moratoire sur l’exploitation de l’Antarctique, le fameux traité qui a fait du continent blanc une « Terre de paix et de science ». L’Odyssée de Jérôme Salle n’est pas vraiment une biographie du commandant Cousteau. C’est un très bon film qui cherche à montrer la transition entre deux mondes : celui de Jacques-Yves, insouciant explorateur de la beauté des océans, et celui de Philippe, prenant conscience de leur si grande fragilité. Audrey Tautou, gouailleuse, drôle ou sombre, est parfaite dans la peau de Simone Cousteau, la Bergère, vraie gardienne et âme de la Calypso. Une mention particulière pour une scène d’une intense beauté, qui montre Philippe Cousteau nageant avec une baleine et son baleineau. 

Allo Ciné

 

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